Une lettre ouverte au secteur MICE. Rédigée entre les vendanges et la date de livraison, verre en main.
Nous avons lu votre article. Nous avons ri. Puis nous nous sommes tus — parce que nous nous sommes reconnus dans chaque paragraphe. Simplement de l'autre côté de la table.
Vous confessez vos péchés ? Très bien. Nous aussi.
1) Orgueil -> Humilité
Notre péché : « Nous faisons du vin depuis 1887. Qu'est-ce qui pourrait mal se passer ? »
Beaucoup. Vraiment beaucoup. Une cave est romantique sur Instagram et cauchemardesque en pratique. Pas de prises électriques. Pas de WiFi. Des escaliers que l'architecte du XIXe siècle n'a assurément pas conçus pour des flight cases à roulettes.
Notre vertu : Nous posons désormais la question directement : « Avez-vous besoin d'un accès technique ? » Et nous écoutons — même quand la réponse est « un chariot élévateur pour le vidéoprojecteur ».
2) Avarice -> Générosité
Notre péché : Le plus beau cadre, compris dans le prix — mais la deuxième bouteille lors du networking ? En supplément. Et la troisième. Et l'eau plate.
Notre vertu : Rogner sur le package vins, c'est perdre le client. Un concept de bar ouvert n'est pas un luxe. C'est de la gestion des risques.
3) Colère -> Patience
Notre péché : L'installation commence à 6h du matin. Le groupe arrive à 6h05. Quarante-sept personnes. Et demande si elles peuvent « jeter un œil rapide à la cave ».
Notre vertu : Nous respirons. Nous sourions. Nous pensons aux vignes dehors, qui ont aussi besoin de dix ans pour produire quelque chose de buvable. La patience est une vertu de terroir.
4) Envie -> Collaboration
Notre péché : « Vous avez vu ce que fait le domaine dans la vallée d'à côté ? Dégustation avec DJ et show de drones. »
On a vu. On a levé les yeux au ciel. Puis on a discrètement fait pareil.
Notre vertu : Ce secteur vit des recommandations mutuelles quand nous sommes complets. L'envie ne fait pas de bon vin. La collaboration, si.
5) Gourmandise -> Modération
Notre péché : « On pourrait ajouter une dégustation en fût. Et une visite. Et une deuxième visite. Et un dîner avec le vigneron. Et des fromages après. »
Le programme dure alors neuf heures. Les invités partent au bout de trois — repus, mais désorientés.
Notre vertu : Moins d'étapes, plus d'impact. Une bonne soirée a besoin de respirations. Et non, « le dernier verre avant de partir » ne compte pas comme une pause.
7) Luxure -> Bon goût
Notre péché : Le coucher de soleil sur les vignes est tellement beau que nous l'incluons dans chaque proposition. « L'heure dorée entre les ceps. » Ça sonne merveilleusement bien. Et c'est merveilleux. Pendant exactement 23 minutes. Ensuite il fait nuit, et nous n'avons pas prévu d'éclairage extérieur.
Notre vertu : Le décor est au service de l'événement — et non l'inverse. On ne pose pas de bougies sans avoir lu le plan de sécurité incendie. Presque toujours.
7) Lust -> Good taste Our sin: The sunset over the vineyards is so good we put it in every proposal. “Golden hour among the vines.” Sounds wonderful. It is wonderful. For exactly 23 minutes. Then it gets dark, and we haven’t planned any outdoor lighting. Our virtue: The setting serves the event — not the other way around. We don’t place candles without reading the fire safety plan first. Usually.
Un domaine viticole comme lieu d'événement a du caractère, de l'histoire et une odeur de chêne ancien. Il a aussi ses particularités, ses angles morts et au moins un escalier de trop. Mais il apprend. Lentement. Avec dignité. Et avec un bon millésime comme motivation.
À tous les event managers : nous voyons vos péchés. Et nous ne jetons pas la première pierre. Nous préférons vous servir un verre.
— Le domaine. Nous aussi, nous avons travaillé avec Excel. Nous le regrettons.
Chez winepop.events, nous rapprochons ces deux mondes — pour que votre prochain événement dans un domaine ne s'arrête pas à cause d'un escalier.
Inspiré de : Les 7 Péchés Capitaux du MICE de Fernanda Udaondo Varela, Vice-Présidente de l'EMA 🔗 Article original
